LES BILLETS DU PRESIDENT DU PLRF

Les billets de président du PLRF

Mon dernier billet / Journal Profil d'Avril 2008

C'est empreint d'une certaine nostalgie que j'écris mon dernier billet de président. Oui, je rends mon tablier, un tablier que je portais depuis mai 2004. Je le dis sans ambages, j'ai aimé cette fonction politique, comme j'ai aimé celle de président de groupe ou de président du Grand Conseil. Je quitte cette présidence avec le sentiment de m'être totalement investi. Pour moi, la politique est le ciment de notre société. Quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse, la politique fait partie du quotidien de tout un chacun. Ignorer la politique, c'est ignorer son destin.

Oeuvrer pour le bien public, contribuer à améliorer l'intérêt général de la collectivité, par des idées, par des actions, voilà une mission que je remplis depuis 1978, date de mon premier engagement à l'exécutif de ma commune.

Viens donc l'heure de faire le bilan de ma présidence. Pour une analyse correcte, il y a lieu de relever trois éléments sur lesquels nous n'avons aucune prise. Le premier, nous assistons à une nationalisation de la politique, le deuxième, c'est l'image quelque peu écornée du parti radical suisse et le troisième, c'est la bipolarisation des courants de pensée. De surcroît, nous n'avons bénéficié ni d'une aura particulière de nos ténors fédéraux, ni d'un programme, d'une ligne politique très lisible du parti suisse. Dans ce contexte peu favorable, j'ose affirmer que nous avons tiré notre épingle du jeu.

Nous avons mis en place en place un secrétariat politique, avec plus ou moins de succès. Nous étions le premier parti cantonal à faire le pas vers une fusion avec les libéraux. Aujourd'hui, le Valais et Neuchâtel ont fait de même. Nous avons élaboré un programme politique, le Profil bleu. Et l'équipe de l'ADIR a édité une nouvelle maquette de notre journal politique Profil.

Toujours au chapitre des satisfactions, on peut citer l'élection au Conseil d'Etat de 2006 où nous avons frisé l'exploit de placer deux conseillers d'Etat. Nous avons également maintenu nos quatre Préfets en place. Les élections fédérales nous ont aussi permis de nous refaire une santé au Conseil national, nous avons enrayé notre déclin entamé en 1978. Et dans le même temps, nous avons enregistré la plus forte progression d'un parti cantonal sur le plan national. Au Conseil des Etats, nous avons pu jouer notre rôle même si la prime aux sortants a pleinement jouée. Enfin, dans le cadre de la nouvelle organisation des justices de paix, deux juges libérales-radicales ont été élues.

Au chapitre des déceptions, il y a les élections communales de 2006 où l'échec vient notamment de l'agglomération fribourgeoise. L'élection au Grand Conseil de 2006 n'a également pas répondu à nos attentes, nous avons perdu deux sièges de trop pour se situer à 19, deux sièges que l'on devrait retrouver en Gruyère et dans le Lac en 2011.

A noter enfin que nous avons consacré beaucoup de force à l'alliance avec le PDC, sans pour autant obtenir des résultats probants. Nous ne saurons cependant jamais si le cavalier seul nous aurait permis de mieux franchir les obstacles.

Voilà pour le bilan. Désormais, fort de 30 années d'expériences politiques, j'aspire à vivre davantage dans l'introversion. J'ai fait mien cet adage : Lorsqu'on persiste à faire ce que l'on a toujours fait, on n'ira pas au-delà de ce que l'on a déjà fait. Je ne divorcerai pas de la politique pour autant, je l'aime trop pour cela mais je souhaite relever de nouveaux défis, aller à la quête de nouveaux projets. Pour cela, je remettrai également dans les mois à venir, mon mandat de député. Lorsque l'on n'est plus élu, on devient plus libre. Et je me réjouis des forces nouvelles qui animeront le débat politique fribourgeois.

Un dernier mot, Merci. Merci à celles et ceux qui m'ont aidé, soutenu et côtoyé tout au long de mon périple présidentiel. Un merci spécial s'adresse à mes vice-présidents et à tous les membres du comité-directeur.

Charly Haenni

 

Le billet du président dans le Journal Profil de mars

Pourquoi parler d'un parti de membres ?

Cette question est d'une brûlante actualité au sein des organes dirigeants du parti. Il est vrai qu'un parti politique, ce sont des membres, des idées auxquelles ces membres adhèrent (un programme) et enfin un véhicule de communications, composé d'abord d'élus, puis d'un appareil de communications.

On relève toutefois une nuance importante dans nos structures, puisque nos statuts stipulent ceci : « Le PLRF se compose de partis de cercles électoraux et de sections locales ou régionales. Peuvent être membres tous les citoyens qui adhèrent aux principes du parti et qui ont été admis dans un cercle électoral ou une section ». Mais où est le problème me direz-vous ? Et bien tout simplement dans le fait que les membres doivent appartenir à un cercle ou une section et n'obtiennent pas la qualité de membres du parti cantonal. En clair, le parti cantonal n'a pas de fichier de membres.

Conséquence, nous n'avons pas la possibilité de communiquer directement, nous n'avons pas la possibilité d'informer régulièrement. Et je ne parle pas de la difficulté de tenir à jour les x fichiers d'adresses. Pire encore, seuls des délégués désignés par les cercles ou sections sont convoqués aux assemblées. Dernier exemple en date, on organise une assemblée à Sorens mais, conformément à nos statuts, les radicaux sorensois n'y sont pas conviés. Bonjour la démocratie !

Que faire ? La proposition qui est sur la table actuellement est de modifier les statuts en précisant que le PLRF est composé de membres qui adhèrent au programme du parti. Ainsi, nous disposerions d'un fichier cantonal et nous pourrions nous retrouver et c'est tant mieux, avec plusieurs centaines de participants à une assemblée. Ce fût le cas récemment en Valais où le parti radical a déjà effectué cette mue il y a trois ans.

Mais où donc sont les réticences ? Tout d'abord, c'est la proximité. Nous nous disons proches du citoyen et nous devons le rester. L'appartenance à un cercle, j'en conviens, peut faciliter cette identification. Cet écueil est facilement surmontable car les cercles ou sections continueront d'exister, nous avons besoin de ces relais. Ensuite, c'est l'épineuse question des cotisations, actuellement fixées par les sections. Si l'on admet que les membres préfèrent payer une cotisation à un cercle ou une section, le feront-ils toujours si la cotisation est encaissée par le parti cantonal ? Plusieurs responsables disent que non, on perdrait des membres. Je n'ai pas de réponse mais une solution, c'est celle de fixer une cotisation minimale pour tous les membres et peu importe qui l'encaisse. Cette cotisation, à mon avis d'un minimum de 100 francs, devrait couvrir en partie les besoins des sections et du parti cantonal. Dans ce cas, nous devrions aussi clairement dire ce que l'on fait de cette cotisation et ce que le membre reçoit en contrepartie. D'ailleurs sait-on vraiment ce qu'offre un parti politique ? J'ai quelques éléments de réponse que je donnerai lors de notre assemblée cantonale du jeudi 17 avril à Lugnorre.

 

Le billet du président dans le Journal Profil de février

Une idée devient une force lorsqu'elle s'empare des masses. Karl Marx

Lors du dernier congrès du PRD suisse à Rapperswil, le président Fulvio Pelli, très en verve, est revenu sur les raisons de l'échec du PRD lors des fédérales du 21 octobre. Il relève avec lucidité que notre programme était trop complexe et difficile à communiquer.

Pourtant, dans le nouveau paysage politique issu du 12 décembre, il est patent que notre parti dispose d'un gros potentiel de nouveaux électeurs, notamment après que l'UDC ait choisi d'entrer dans l'opposition et que le PDC cherche sa voix tout en virant sur la gauche. Nous sommes désormais la seule force libérale gouvernementale, puisque l'UDC renie ses deux conseillers fédéraux. Cette nouvelle responsabilité nous réjouit et nous contrait à la fois.

Mais comment faire ? Nous devons convaincre par un profil plus clair. Il faut vendre la marque PRD, une marque qui a son propre label, sa propre AOC. Fulvio Pelli le dit, notre programme est trop vaste et nous devons nous concentrer sur trois ou quatre thèmes forts. Et ces thèmes doivent être déclinables aussi bien au niveau national qu'à l'échelle des cantons. On ne doit plus nous confondre avec d'autres formations. Plus prosaïquement, Il faudra que l'électeur puisse nous reconnaître en fonction de compétences dans tel ou tel domaine. Aujourd'hui, ces compétences sont trop diluées.

Dans les deux mois à venir, chaque section cantonale devra définir ses trois thèmes principaux. Puis, les thèmes seront arrêtés au niveau national, des thèmes qui doivent être en relation directe avec les préoccupations quotidiennes des citoyens. Aujourd'hui, il serait faux de vouloir défendre une entrée dans l'Union européenne alors même que cette question intéresse moins d'un électeur sur cinq. Par contre, il faut apporter des réponses claires sur la prévoyance vieillesse, sur le système de santé, sur la sécurité personnelle ou encore sur l'intégration des étrangers. Cette dernière question ne concerne pas uniquement l'UDC, pas plus que les questions environementales sont l'apanage des Verts.

Les radicaux suisses ont toujours assumé une responsabilité vis-à-vis de notre pays, nous sommes également les porteurs des réformes. A nous maintenant de proposer une alternative crédible entre les conservateurs de droite et de gauche. A nous d'avoir des idées dont les électeurs s'emparent.

Le débat des idées est lancé, vous pouvez y participer. Transmettez-nous vos idées, vos suggestions et aussi vos critiques. Pour cela, une seule adresse: PLRF, CP 1219, 1701 Fribourg.

 

Le billet du président dans le Journal Profil de décembre

La foi et la politique, une réflexion pour la période de l'Avent.

On assiste, dans le paysage politique suisse et fribourgeois, à l'émergence de nouvelles formations aux racines chrétiennes. Deux exemples, le Parti évangélique (PEV) et l'Union démocratique fédérale (UDF) dont la réflexion s'enracine dans l'Evangile de Jésus Christ et l'engagement s'oriente sur l'humanité.

Hasard de circonstance, je suivais récemment une conférence d'un ami pasteur Pierre-André Schütz sur le sujet . Je cite un extrait de sa réflexion : « je crois qu'il n'y a pas de doctrine politique ou de théorie politique spécifiquement chrétiennes. Il n'y a pas une éthique chrétienne unique, fixée une fois pour toutes, et gardant toujours le même contenu? C'est pourquoi je crois, que l'on ne peut pas fonder un parti politique ou un syndicat chrétien; ils ne peuvent pas se justifier par une doctrine chrétienne mais seulement, à la rigueur, parce qu'ils regrouperaient des chrétiens entre eux. Mais des chrétiens il y en a dans tous les partis, et est-ce vraiment le rôle des chrétiens dans la société d'être réunis en un seul parti ? Jésus dit : Vous êtes le sel de la terre, or le sel pour saler la soupe doit sortir du sac de sel ! » fin de citation.

Je partage ce point de vue et je rajoute deux arguments. Mon expérience politique me fait dire que l'on ne peut pas s'engager en politique sans être habité par un solide humanisme, un Humanisme qui consiste à placer l'Homme au centre de ses préoccupations. Ce n'est donc pas l'apanage de l'une ou l'autre formation politique. Et puis, force est d'admettre que la religion est une croyance qui implique une autorité supérieure, alors que la politique est une nécessité sociale "effective"qui ne relève pas de la croyance mais des besoins de la société. Alors, comme il ne faut pas mélanger le sel et la levure en même temps, il ne faut pas mélanger la foi et la politique.

Joyeux Noël et bonne année 2008

 

Le journal Profil de Novembre

Le billet du président

+ 1%, première progression au Conseil national depuis 1979
Oui, 2007 marque le redressement, notre force politique fait mieux que résister, elle progresse de 1 %, de 12,8 à 13,8 % des suffrages. Dans un précédent billet, j'avais écrit qu'atteindre un objectif de 13 % serait un signe probant du renouveau radical. Nous sommes la formation du centre-droit qui enregistre la plus forte progression, + 0,6 % pour l'UDC, - 0,6 % pour le PDC. Merci aux électrices et électeurs fribourgeois pour la confiance accordée.

Félicitations à Jacques Bourgeois, qui ratisse très large
Derrière ce bon résultat, il y a le succès de plusieurs équipes. A commencer par l'équipe des candidates et candidats avec une palme spéciale à notre élu Jacques Bourgeois, qui réalise un score canon pour une première participation. Jacques, nous t'adressons nos plus vives félicitations et savons que nous pourrons compter sur toi et tes compétences lors de la prochaine législature. A n'en pas douter, tu seras l'un des principaux acteurs de la Berne fédérale, ce qui nous réjouit.

Merci à Jean-Claude Cornu et à tous les candidates et candidats
2ème de l'équipe à l'arrivée, Jean-Claude Cornu a une nouvelle fois tiré son épingle du jeu, dans la course au Conseil national, comme dans celle du Conseil des Etats. Nous savions que cette dernière tâche serait rude et elle l'a été. Mais une nouvelle fois, Jean-Claude s'est montré à la hauteur et fut un ambassadeur de choix tout au long de la campagne. Merci Jean-Claude pour ton immense engagement en faveur de notre parti et surtout bon vent pour la suite.
Rudolf Vonlanthen, brillant 3ème de la liste ainsi Jacques Morand 4ème, Claudine Esseiva et Christine Jakob-Steffen méritent une grande considération pour leur formidable engagement durant la campagne et pour avoir contribué au succès du parti. Je rends aussi hommage aux conjoints des candidats(es) pour leur grande compréhension.

A toutes celles et ceux qui ont gravité autour
En parlant d'équipe, j'adresse des remerciements appuyés aux membres de la commission électorale cantonale placée sous la présidence de Jean-Jacques Marti, ainsi qu'à notre secrétaire Mme Véronique Monney. J'associe également toutes les équipes des comités de soutien des candidates et candidats qui n'ont pas ménagé leurs efforts.

L'alliance a vécu
Un mot enfin sur l'alliance PDC-PLR. A l'analyse des résultats détaillés, on constate que l'alliance a des ratés. On remarque aussi une légère désaffection de l'électorat radical pour notre liste au Conseil des Etats. Parallèlement, nous étions confrontés à une coalition tacite entre les deux sortants, les chiffres le démontrent. Mais au final, force est de constater que l'apparentement de nos deux listes a été un excellent support électoral offert au PDC pour faire élire Urs Schwaller au 1er tour. Cela ne peut pas durer ainsi, nous avons, au lendemain des élections, demandé aux responsables PDC de faire table rase et de ne plus poursuivre dans les mêmes termes. Il est d'ailleurs surprenant que Dominique de Buman dise, dans un quotidien fribourgeois et une fois les élections passées, que les apparentements sont dépassés. En effet, le PDC progresse de 0,2 % sur le plan national, de 14,4 à 14,6 %, mais gagne 3 sièges grâce aussi aux apparentements. Dans le même temps, le parti radical avec 16 % des suffrages auxquels s'ajoutent les 1,8 % des libéraux obtient 31 sièges, avec une perte de 5 sièges, et se retrouve avec le même nombre de sièges que le PDC.

L'alliance ou les alliances seront un sujet de discussion qui occupera le comité-directeur ainsi que le nouveau président (où la nouvelle présidente) dès le printemps prochain, en prévision des échéances 2011 ou d'autres plus proches. Dans l'intervalle, j'aurai tiré ma révérence avec le modeste sentiment du devoir accompli. Mais avant de partir, je rendrai encore hommage à notre conseiller national sortant M. Jean-Paul Glasson, lors de l'assemblée de délégués du 31 janvier 2008.

Vesin, le 30 octobre 2007